JO d’hiver Milan 2026 : L’Afrique toujours en apprentissage après 102 ans
Aux Jeux olympiques d'hiver de 2026, organisés en Italie autour de Milan, le constat reste implacable : aucune médaille africaine n’est enregistrée à quelques jours de la fin des jeux. L’histoire pourrait-elle s’écrire dans les ultimes épreuves ? L’espoir subsiste, mais le passé invite à la prudence.

Depuis la première édition des Jeux d’hiver en 1924, 24 rendez-vous ont rythmé l’histoire de cette compétition. En plus d’un siècle d’existence, aucun athlète africain n’a réussi à monter sur un podium hivernal. L’édition précédente s’était déjà achevée sans la moindre breloque pour les représentants du continent, perpétuant une disette qui traverse les générations.
Ce chiffre de zéro médaille en 102 ans peut sembler sévère. Il mérite pourtant d’être analysé au-delà de la simple statistique. Car si l’Afrique est une terre de champions en athlétisme, en football ou en sports de combat, les disciplines hivernales obéissent à d’autres réalités géographiques, économiques et culturelles.
Le poids de la géographie et des infrastructures
Les sports d’hiver sont intimement liés au climat. Ski alpin, bobsleigh, patinage de vitesse ou snowboard nécessitent des conditions naturelles spécifiques, ou à défaut, des installations coûteuses à entretenir. Sur un continent majoritairement caractérisé par des climats tropicaux et désertiques, la neige et la glace ne font pas partie du quotidien.
Certes, quelques pays africains disposent de reliefs enneigés de manière saisonnière, mais cela reste marginal à l’échelle continentale. L’absence de tradition hivernale limite la détection précoce des talents et la structuration de filières de formation. Là où certaines nations européennes ou nord-américaines initient les enfants au ski dès le plus jeune âge, les fédérations africaines doivent souvent composer avec un déficit d’équipements et d’expertise.
Une présence symbolique mais courageuse
La participation africaine aux Jeux d’hiver relève souvent de l’exploit individuel. Derrière chaque dossard se cache un parcours atypique. On y compte globalement des athlètes issus de la diaspora, des sportifs formés à l’étranger ou des pionniers soutenus par des initiatives privées. Leur simple qualification constitue déjà une victoire personnelle et nationale.
À Milan, comme lors des éditions précédentes, les représentants africains incarnent davantage une dynamique d’apprentissage qu’une ambition immédiate de podium. Ils viennent se mesurer à l’élite mondiale, acquérir de l’expérience et inscrire leur pays sur la carte olympique hivernale. Ce rôle, parfois perçu comme modeste, est en réalité fondateur. C’est le cas du Bénin qui signe sa première apparition aux JO d’hiver grâce à Nathan Tchibozo. L’athlète de 22 ans a terminé 48e sur 81 candidats.
Faut-il parler d’échec ?
Réduire la présence africaine à une absence de médailles serait une lecture simpliste. Les Jeux d’hiver représentent pour le continent un chantier de long terme. En 102 ans, la progression a été lente mais réelle. Davantage de pays engagés, une meilleure visibilité médiatique et une reconnaissance progressive au sein des instances internationales. Cette année, ils sont au total 15 athlètes africains à compétir. C’est largement au-dessus des chiffres de l’édition 2022. D’ailleurs, la différence se fait remarquer déjà au niveau du nombre de Nations participantes.
Elles étaient 5 représentées pour au total 6 athlètes. A noter que cette année, 9 Nations africaines prennent part aux JO d’hiver. Si la médaille reste l’ultime ambition pour la plupart, la progression du taux de représentativité peut constituer une note positive. La question n’est peut-être pas de savoir si une médaille tombera à Milan, mais quand le travail de fond finira par porter ses fruits. Le sport de haut niveau est un investissement sur plusieurs cycles olympiques. Un siècle après 1924, l’Afrique continue d’écrire ses lignes dans le livre des Jeux d’hiver. Le chapitre des médailles reste à rédiger.



